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L'ère des habitations "à bon marché"

Le Foyer Namurois se donna comme premier président le sénateur Fernand Golenvaux, à l'époque échevin des travaux publics. Ce grand rénovateur de l'urbanisme namurois était un sage gestionnaire. "C'est lui déclare Albert Servais dans son discours du 50ème anniveraire, qui insuffla à notre société ce souci de saine gestion qui l'a toujours caractérisée."

Au début, le Foyer Namurois construisit exclusivement des maisons unifamiliales en vue de les revendre aussitôt aux familles ouvrières. C’est ainsi que furent construites et vendues, en 1924, une première série de 17 maisons rue Charles Wérotte à Salzinnes, suivies bientôt d’une deuxième série dans la même rue en 1928. Un troisième groupe de 18 maisons spécialement destinées aux familles nombreuses furent construites et vendues en 1931 dans le quartier du Pied Noir à l’époque en pleine expansion.

Si l’architecte Paul Siffete fit à cette occasion preuve de désintéressement en dressant les plans gracieusement, tout le monde ne vit pas d’un bon œil cette opération dite sociale. Albert Servais raconte qu’à cette occasion le Foyer Namurois eut à soutenir un procès contre un notable de la commune de Bouge, proche du quartier du Pied Noir, qui l’avait assigné en paiement d’une somme de 100.000 francs à titre de dommages et intérêts, en réparation de la moins-value provoquée, à son estime, par la construction dans le voisinage de sa propriété, de maisons ouvrières. Et l’ancien président de conclure, non sans malice : « Le Foyer Namurois gagna son procès et eut ainsi le loisir de continuer son activité sans plus avoir à craindre qu’on ne l’accuse de … pollution sociale ! ».