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Le rêve des grands ensembles

Il apparut cependant bien vite aux responsables que l’on ne pouvait pas se contenter de reconstruire sur les emplacements des taudis démolis, comme on l’avait entrepris rue des Brasseurs ou au pied de Bomel, ni même d’occuper quelques terrains libres achetés sur les flancs de la citadelle. Tout d’abord parce que la ville, qui connaissait un essor démographique important, faisait face à une demande de logements accrue.

Ensuite, parce que l’ambition des autorités communales n’était plus de construire dans le centre – ville, mais au contraire de lui donner de l’air ! Autour du confluent et de la place d’armes, ou les bombardements avaient fait des ravages, il s’agissait non de rebâtir le tissu dense des construction ancienne hérité de l’époque ou Namur était enserrée dans ses remparts, mais de créer des espaces libres et ouverts, l’exigeaient à la fois le développement de la circulation automobile, le souci d’embellir la ville pour attirer le touriste et la conviction que la taudification des immeubles était en grande partie le fruit d’une trop grande densité de la bâtisse.

Disparurent ainsi définitivement du paysage les rues populaires des moulin (en bordure de sambre), du grognon, de BRUNSWICK, des Tanneries…

Cette politique de construction hors ville sera menée avec diligence par Maurice Servais jusqu’en 1961, ensuite par Antoine Woitrin, qui lui succéda de 1961 à 1968.

De ce dernier, Albert Servais dit que «  sa présidence fut l’ère des grandes réalisations, car il su habilement exploiter les atouts que ses prédécesseurs avaient placés en ses mains, arrachant par sa ténacité cordiale, l’une après l’autre, les multiples autorisations, dérogations ou approbations indispensables à la réalisation des chantiers envisagés »

Le quartier des balances

Une occasion de tailler dans du drap neuf se présentait après guerre : le château et le parc des Balances étaient en vente.

D’une contenance d’un peu plus de 8 hectares, dans la pleine des Bas – Prés, il faisait l’affaire.

La ville l’acquit le 2 juin 1949 pour la somme de 6, 3 millions de francs.

Elle en revendit quelque 6 hectares au Foyer Namurois pour un montant de près de 12 millions de francs.

Des voiries aux noms évocateurs furent ouvertes : rue Château des Balances, rue des Charmilles, rue des Bosquets, rue Fontaine aux Prés .

Sur le reste de l’espace, il était prévu d’aménager une plaine de jeux pour enfants, un terrain de football, des terrains de basket, une plaine de vacances, ainsi qu’un centre communautaire rassemblant une église, une école gardienne, une bibliothèque, une maison des jeunes, des salles de réunion et de spectacles, et même une résidence pour personnes âgées avec restaurant .

Bref rien n’était trop beau aux yeux des édiles communaux de l’époque pour ce nouveau quartier de «  Namur – la – belle ».

Dès 1955, les 18 premiers appartements furent construits rue des Charmilles, sur des plans de l’architecte R. GAUL. Une dizaine d’années plus tard suivirent les premiers grands immeubles de la rue des Bosquets conçus par V. BAGE (42 appartements en 1961, et 56 en 1966) et ceux de la rue Antoine Woitrin, dessinés par A.MAIRY et G. HOUSIAUX (108 appartements en 1968 et 214 en 1972).

Il faudra ensuite attendre les années 80 pour voir se terminer le grand chantier de la rue des Bosquets, sur des plans de J. LACROIX et A. MAIRY (171 appartements en 1980, 18 maisons en 1981).

Quant aux équipements urbains, ils restèrent en grande partie à l’état de rêve : les terrain de sports furent sommairement aménagés, mais le centre communautaire ne sera jamais construit tel qu’imaginé au départ.

Bien plus tard, la ville érigera une maison des jeunes ainsi qu'un terrain multisports couvert. Un projet de plaine de jeux est également dans les cartons.

Du côté de Coquelet et Plomcot

A lire l’histoire du Foyer Namurois, on ressent l’impression que les responsables ont voulu pagayer un coup à droite, un coup à gauche. Ayant entrepris le quartier des Balances à l’ouest, ils s'attaquent à l’est du territoire communal.

La vente de l’ancien couvent de Coquelet par les sœurs bénédictines de Sainte Lioba, qui se replièrent sur le Champeau (église St-Albert), donna l’occasion d’acquérir un vaste terrain en promontoire au dessus de la vallée. Ce fut l’origine du complexe du « Bel Horizon », confié à l’architecte Schumacker (8 appartements en 1959, 78 en 1979).

Mais c’est surtout la mobilisation d’un terrain coincé entre le chemin de fer de Liège et la montagne de Bouge qui fut l’occasion d’un grand projet. Ce terrain était traversé par une ruelle , pompeusement appelée « avenue des Champs-Élysées » parce que s’y trouvait au début du siècle un établissement de plaisir qui portait cette enceigne. En la suivant, on arrivait à la chassée de Hannut, au pied des roches des Grands Malades qui avaient autrefois abrité une léproserie.

L’espace était abandonné.

La ville entreprit de coloniser cette friche. Dès 1954, elle y aménagea des voiries qui permirent au Foyer Namurois d’édifier une vingtaine de maisons, unifamiliales. Puis vint le projet de cité, qui prit corps dans les années 60 selon des plans de P. Tahon et Vermeren (36 appartements en 1965, 156 en 1975).

Cette cité, située au terminus d’une ligne d’autobus, sera dotée d’une école. Récemment, la Ville a entrepris d’y édifier un complexe sportif, avec l’aide de la Fondation Roi Baudouin.

On relèvera aussi que sur le chemin menant à Plomcot, boulevard d’Herbatte, le Foyer Namurois confia à l’architecte Ph. Arquin un complexe de 54 logements (24 appartements en 1978 et 30 en 1981)