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L’ère de la rénovation urbaine

En 1968, Albert Servais avait succédé à Antoine Woitrin comme président. Les opérations de construction de logements sociaux sont nécessairement des œuvres de longue haleine, en raison des délais mis à l’obtention des indispensables subventions. Au nouveau président il revient donc de poursuivre et avec quel enthousiasme, la réalisation des grands chantiers qui viennent d’être décrits. En 1972, lors de la cérémonie du 50e anniversaire, il détaillait fièrement, maquettes à l’appui, devant M. Califice, secrétaire d’état à l’aménagement du territoire et au logement, les 380 logements à construire durant les quatre prochaines années, par comparaison aux 519 créés depuis la fondation de la société ; Il réclamait aussi des fonds pour l’équipement socioculturel des cités, pour lesquels aucun crédit n’était prévu.

Mais les temps avaient déjà changé. Sur le plan namurois tout d’abord. De plus en plus il apparaissait, en effet, que la ville n’était que le centre d’une agglomération qui se développait hors de son territoire communal. Jambes et Saint-Servais avaient de bien plus grandes possibilités d’expansion que le chef – lieu et ne se faisaient pas faute d’en profiter : les programmes de construction de leurs sociétés locales – le Foyer Jambois et la Joie du Foyer – étaient gigantesques. N’était – il pas sage de leur laisser l’initiative des grands ensembles, d’autant plus que l’on parlait de plus en plus de la fusion des communes, qui sera accomplie au 1er janvier 1977 ? La question était posée .

Sur le plan régional, les esprits aussi avaient évolué. La volonté du ministre Califice était de réorienter les subventions vers la réhabilitation du patrimoine « l’exemple de la réhabilitation de quartiers anciens dans les villes étrangèreq arrive à point pour nous convaincre qu’il doit être possible de rendre ces quartiers à la vie sans détruire ce qui fait leur caractère et leur charme » devait – il dire lors de la réception à l’Hôtel de Ville. Finies donc les opérations d’arasement des quartiers insalubres : il fallait prendre la truelle pour restaurer et réaménager ! Albert Servais perçut bien cette évolution et plaça la ville de Namur en mesure d’en profiter. Hélas, la législation sur le logement social ne permettait pas aux sociétés locales de sauter dans le train de la rénovation urbaine. Ce sera donc la régie foncière, qu’il dirigeait au titre d’échevin, entreprendre celle de la rue des Brasseurs, opération pilote en Wallonie.

Consolation : c’est à l’occasion de sa visite au foyer Namurois que le ministre Califice en fit l’annonce…